Bruno de Pigalle, pionnier du tatouage en France
Avant lui, le tatouage se pratiquait en cachette, dans les ports, les prisons et les arrière-salles. Bruno, surnommé « Bruno de Pigalle », a contribué à le faire sortir de l'ombre.
Un art longtemps clandestin
Dans la France des années 1950, le tatouage a mauvaise réputation. Il est associé aux marins, aux légionnaires, aux détenus et au « milieu ». Il se pratique le plus souvent sans règles, avec des aiguilles et des encres de fortune, et les risques d'infection sont réels.
Un salon à Pigalle
Au début des années 1960, un certain Bruno, connu sous les noms de Bruno Cuzzicoli ou Bruno Koutsikoli, ouvre un salon de tatouage dans le quartier de Pigalle, à Paris. Il cherche à exercer au grand jour, en déclarant son activité, ce qui est alors une démarche inédite. Il est aujourd'hui considéré comme le premier tatoueur à avoir exercé officiellement en France. Les archives de l'INA conservent plusieurs reportages consacrés à « Bruno, pionnier du tatouage ».
Ce qui le distinguait
- L'hygiène, à une époque où elle était rarement la priorité : stérilisation des outils, salon propre.
- La machine électrique, plus rapide et plus précise que les méthodes artisanales.
- Le dessin : il proposait des planches de motifs classiques, ancres, aigles, pin-up, roses, lettrages, et retravaillait les idées de ses clients pour en faire de vrais dessins.
- Une clientèle variée : marins, rockers, curieux, puis peu à peu un public plus large.
Un héritage durable
Pendant des années, son salon a été l'une des rares adresses connues pour se faire tatouer proprement à Paris. Il a transmis son savoir-faire à de nombreux tatoueurs, et son parcours a ouvert la voie à la reconnaissance du métier. Depuis 2008, la profession est encadrée en France par des règles d'hygiène et une formation obligatoire, une évolution qui doit beaucoup à ces premiers tatoueurs qui ont voulu travailler au grand jour.